III. Les réactions courantes des victimes

Il est normal pour les victimes, incluant les victimes des individus déclarés NRCTM ou ISP, de chercher à comprendre la raison de cette victimisation ou pourquoi elles ont été la cible d’un tel comportement. Si vous êtes vous-même une victime, un membre de la famille, un/une voisin(e), un/une ami(e) ou encore un/une collègue de travail, vous avez fort probablement été profondément touché(e). Il peut alors devenir très difficile de comprendre la situation. À ce sujet, il est naturel d’être envahi ou de ressentir toute une panoplie d’émotions.

Tel d’autres victimes d’actes criminels, plusieurs personnes, victimes de situations où l’accusé(e) est jugé(e) ISP ou NRCTM rapportent vivre de l’anxiété ou s’inquiéter du risque d’être victime à nouveau. Les victimes peuvent être fâchées que le/la patient(e) était dans un tel état pour commettre un acte criminel alors qu’il/elle aurait dû être soigné(e) avec des médicaments, suivre un traitement, ou être placé(e) sous une étroite surveillance. Certaines personnes peuvent être en colère du fait que l’individu ne soit ni condamné ni emprisonné.

Un bon nombre de victimes sont des membres de la famille de la personne souffrant de troubles de santé mentale. Ceci peint très souvent la toile de fond d’une situation précaire et particulière étant donné que les victimes sont prises entre le fait de s’occuper du/de la patient(e) et la volonté de l’aider à se rétablir en même temps que le devoir et la nécessité d’assurer leur propre sécurité ainsi que celle de leur famille. La plupart des victimes expriment de la frustration face à cette situation. Les membres de la famille peuvent également être déçus de ne pas avoir été capables de trouver l’aide nécessaire pour leurs proches avant que l’incident se produise.

Les victimes pourraient trouver utile d’en apprendre davantage à propos du système médico-légal de santé mentale et les exigences aux termes de la loi pour une personne déclarée NRCTM ou ISP. Ceci les aidera à mieux se préparer pour cheminer à travers ce système, à comprendre les décisions des professionnels(les) de la santé et de la commission d’examen, en plus de leur permettre d’avoir recours aux services de soutien au moment opportun.

L’histoire de Lori

Mon fils, âgé de deux ans et demi, a été tué en 1997 alors qu’il jouait avec son meilleur ami. Notre voisine est sortie de sa maison avec un grand couteau de cuisine caché sous sa cape et a poignardé mon petit garçon à 12 reprises. Mon beau petit bonhomme est décédé des suites de ses blessures. La délinquante, âgée de 60 ans au moment de commettre l’acte criminel, souffrait d’un sérieux trouble de santé mentale appelé schizophrénie paranoïde. Ses idées délirantes l’ont portée à croire que l’esprit de son propre fils décédé vivait à travers mon fils. Elle l’a poignardé à plusieurs reprises afin de libérer l’esprit de son fils. Elle a reçu un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux (NRCTM).

L’accusée avait un passé aux comportements erratiques. Au fil des années, elle avait visité des hôpitaux, rencontré divers docteurs(es) et psychiatres ainsi que des policiers et policières, sans ne jamais avoir été évaluée ou soignée convenablement. Nous avions à cet effet, fait appel aux services de police à plus d’une douzaine de reprises dans l’espoir qu’elle soit appréhendée et évaluée. Sa fille avait également déjà tenté, sans succès, de faire arrêter sa mère, de la faire évaluer et de la faire soigner. Elle aussi avait toujours fait face à des obstacles.

Lors de nos premières rencontres avec le procureur de la Couronne, je me souviens de la mention d’accusation de meurtre au premier degré. Plus tard, lorsque l’avocat de la défense a enregistré un plaidoyer de non-responsabilité criminelle, c’est un ami, un avocat pour la défense spécialisé en droit criminel, qui a travaillé sans relâche afin de m’aider à comprendre ce que cela signifiait. Aucun membre du système de justice pénale ne me l’avait clairement expliqué. Un psychiatre médico-légal avait tenté d’expliquer son état mental. Nous avons été avisés qu’il nous était possible d’assister aux audiences de la commission d’examen. C’est à peu près tout ce qu’il nous avait été dit. Nous n’avons jamais assisté à quelconque audience, malgré, avoir été généralement, mais pas toujours, informés des arrangements. Nous ne ressentions pas la nécessité d’y assister; et je craignais que le fait de revoir l’accusée qui, par ailleurs, présente toujours des idées délirantes soit une expérience traumatisante. La Couronne a demandé qu’il soit interdit à l’accusée de se présenter dans notre communauté afin d’éviter une rencontre fortuite. J’ai soumis une déclaration de la victime par écrit quelques 13 années plus tard, étant donné que notre avocat nous avait fait part des plans de l’accusée de revenir vivre au sein de la communauté. Elle a été remise en liberté dans la communauté pour un court laps de temps – mais son état s’est détérioré et elle est retournée à l’hôpital. La démarche (l’écriture de la déclaration) s’est avérée à la fois difficile et positive étant donné qu’elle m’a donné l’opportunité d’émettre mes préoccupations, lesquelles principalement axées sur la sécurité de la population. J’étais convaincue que je détenais certains renseignements dont les parties concernées ignoraient ou n’avaient pas considéré importants, par exemple, le fait que la fille de l’accusée (qui, il avait été maintes fois suggéré, pourrait être la personne responsable de l’accusée à la suite à sa libération) était à la maison avec l’accusée lorsque cette dernière est sortie et a tué notre fils.

My name is Donna McCully.

It was always our wish to live in Jamaica in our dream home. So, in August 2012, my husband Sedrick Levine and I left Canada to move into our new home. We were thrilled to finally be starting the next chapter in our lives, in Sedrick’s beloved homeland. He bought a little bus and planned to operate tours for visitors to the island. I was helping him run this business venture, as part of our semi- retirement in Jamaica.

My life as I knew it was suddenly shattered when two masked men broke into our home on Sunday, November 17, 2013. Sedrick struggled with the men, allowing me to flee upstairs to call the police. His actions saved my life that day, and that of my father and his housekeeper, who were visiting us at the time. One of the masked intruders chased me upstairs and kicked in the bathroom door, but he stopped when he heard a gunshot from downstairs.

My husband Sedrick was killed that day and the men fled our home with a laptop. The Jamaican police have not yet found these men or charged them with killing my beloved husband. Their motive remains unknown.

This crime has completely changed my life. I suffer from Post-traumatic Stress Disorder now and have depression as a result. I came back to Canada, but I feel very isolated since this happened. These emotional scars may never heal.

I managed to find the Canadian Resource Centre for Victims of Crime by searching online one day. I didn’t know where to turn for help when I came home to Canada. The CRCVC has provided me with a lot of emotional support, which has been tremendously helpful. They’ve also written numerous letters to Jamaican officials seeking justice for Sedrick, as well as intervening with Canadian officials on my behalf. The office also helped connect me to a trauma therapist for counselling sessions too.

In order to try and make sense of what happened to Sedrick, it is my hope that others could support the work of the Canadian Resource Centre for Victims of Crime. There are so many other victims/survivors out there who also need their assistance.