V. Gérer la douleur et surmonter les traumatismes

Dans le cas où l’acte vous a amené à craindre pour votre vie ou celle d’un être proche, vos mécanismes d’adaptation peuvent se retrouver submergés par l’ampleur de l’événement. Des réactions émotionnelles d’impuissance, de crainte intense ou d’horreur peuvent s’enclencher en raison du traumatisme. Les événements traumatiques ont la capacité de changer la façon de voir le monde. Vous pourriez être plus vulnérable et avoir des difficultés à vous adapter. Les séquelles d’un événement traumatique entraînent la conception d’une nouvelle réalité. Il n’y aura pas de retour en arrière et il vous sera impossible de retrouver la personne que vous étiez avant l’incident. Vous vous retrouvez complètement changé(e) à jamais des suites de ce qui est arrivé.

Les victimes peuvent ressentir ou avoir :

  • De la difficulté à dormir ;
  • Des crises d’irritabilité et de colère ;
  • De l’hyper-vigilance et de l’anxiété ;
  • Un manque de concentration ;
  • Des réactions de sursaut et exagérées ;
  • Des rêves, des souvenirs et rappels d’image (ou rétrospectives) dans lesquels vous revivez l’événement ;
  • De la crainte ;
  • De la colère envers l’agresseur ainsi qu’à l’égard du système pour ne pas les avoir protégées, ou leurs proches ;
  • Des sentiments de détachement ou d’insensibilité et,
  • Des sentiments de culpabilité ou de honte.

Les traumatismes ébranlent votre perception du monde et peuvent vous faire perdre votre capacité à faire confiance. Si vous vous sentez dépassé(e) par les événements, si vous avez besoin de parler à quelqu’un ou ressentez le besoin de recevoir de l’aide pour vous permettre de faire face et affronter ce qui vous est arrivé, il peut être préférable de chercher des services d’aide et d’assistance auprès d’un/une conseiller(ère) qualifié(e) ou d’un/une professionnel(le) de la santé. Il arrive parfois que les individus tentent de se soigner eux-mêmes ou consomment des drogues et de l’alcool; ce qui risque fort de compliquer davantage leurs expériences, et ce, de manière négative.

Pour certaines victimes, le deuil et la souffrance vont de pair avec le traumatisme, le sentiment que quelque chose qui vous tenait à cœur est à jamais disparu et qu’il sera impossible de reprendre le cours normal de la vie telle que vous la connaissiez avant l’acte criminel. La souffrance peut perdurer très longtemps. Parfois, la souffrance peut être tellement grande, puissante et accablante que vous pouvez vous sentir incapable et inapte à fonctionner, tant sur le plan physique que mental.

Vous pouvez ressentir de la tristesse et du chagrin face à toute situation, non seulement par rapport à la perte d’un être cher, mais également, la perte de l’innocence, la perte de la liberté personnelle, et même la perte de confiance liée au concept de la bonté de l’humanité. Vous pouvez également regretter la personne que vous étiez avant l’incident.

La dynamique de votre relation avec le/la patient(e) peut également compliquer votre souffrance et vos sentiments de tristesse. Ceci est d’ailleurs, plus particulièrement vrai pour ceux et celles qui désirent poursuivre leur relation avec le/la patient(e) et l’aider à se rétablir. Plusieurs membres de famille comprennent que la maladie mentale sévère peut être traitée par de la médication et du soutien. Les liens que vous entretenez avec le/la patient(e) auront toutefois changé et il est normal d’avoir du chagrin par rapport à la relation, celle que vous avez entretenue dans le passé et aujourd’hui disparue.

Il est permis et normal d’avoir du chagrin et de ressentir de la tristesse. Il est nécessaire d’avoir du chagrin et de ressentir de la tristesse. Lorsque vous traversez des périodes de souffrance et de tristesse, il est tout aussi important de vivre des moments de solitude que de passer d’autres moments bien entouré de votre réseau social. Pouvoir parler de vos sentiments avec des membres de famille ou des amis(es) compatissants vous permettra de vivre cette délicate période et de guérir, en plus de vous remémorer la personne disparue.

L’histoire de Carole

Mon fils de 22 ans dormait à bord de l’autocar dans lequel il prenait place depuis plus de 20 heures lorsque le passager assis à ses côtés l’a attaqué et tué. Le corps de mon fils a été profané. On m’avait avisée de la possibilité d’un verdict de non-responsabilité criminelle, mais je n’avais aucune idée de ce dont il s’agissait. J’estime qu’un individu qui ne peut faire la différence entre le bien et le mal ne devrait jamais être libéré – jamais. Nous sommes toujours avisés de « son remarquable rétablissement, meilleur que prévu » lors des audiences pour son évaluation annuelle par la commission d’examen. Il ne constitue pas une cause de souci pendant qu’il reçoit ses soins; ce qui me préoccupe, c’est une fois qu’il sera libéré. Dans ma province, les audiences n’ont pas lieu à l’hôpital, mais bien dans les palais de justice. Il est difficile de bien entendre les procédures. Le point que ni les services d’aide aux victimes ni les autres membres du système de justice pénale ne m’avaient pas clairement expliqué est qu’il revient à l’accusé/patient/tueur, une fois qu’il aura recouvré sa liberté, de prendre la décision finale de traiter son cas de maladie mentale avec médication ou non – personne ne peut lui imposer.

My name is Donna McCully.

It was always our wish to live in Jamaica in our dream home. So, in August 2012, my husband Sedrick Levine and I left Canada to move into our new home. We were thrilled to finally be starting the next chapter in our lives, in Sedrick’s beloved homeland. He bought a little bus and planned to operate tours for visitors to the island. I was helping him run this business venture, as part of our semi- retirement in Jamaica.

My life as I knew it was suddenly shattered when two masked men broke into our home on Sunday, November 17, 2013. Sedrick struggled with the men, allowing me to flee upstairs to call the police. His actions saved my life that day, and that of my father and his housekeeper, who were visiting us at the time. One of the masked intruders chased me upstairs and kicked in the bathroom door, but he stopped when he heard a gunshot from downstairs.

My husband Sedrick was killed that day and the men fled our home with a laptop. The Jamaican police have not yet found these men or charged them with killing my beloved husband. Their motive remains unknown.

This crime has completely changed my life. I suffer from Post-traumatic Stress Disorder now and have depression as a result. I came back to Canada, but I feel very isolated since this happened. These emotional scars may never heal.

I managed to find the Canadian Resource Centre for Victims of Crime by searching online one day. I didn’t know where to turn for help when I came home to Canada. The CRCVC has provided me with a lot of emotional support, which has been tremendously helpful. They’ve also written numerous letters to Jamaican officials seeking justice for Sedrick, as well as intervening with Canadian officials on my behalf. The office also helped connect me to a trauma therapist for counselling sessions too.

In order to try and make sense of what happened to Sedrick, it is my hope that others could support the work of the Canadian Resource Centre for Victims of Crime. There are so many other victims/survivors out there who also need their assistance.