Outils médiatiques

Voici quelques exemples d’outils dont vous pouvez vous servir pour attirer l’attention des médias sur votre organisme, qu’il s’agisse de questions liées à une victime en particulier ou d’intérêt général :

  • Communiqués de presse;
  • Conférences de presse;
  • Lettres à la rédaction;
  • Articles en regard des éditoriaux;
  • Blogues et autres médias sociaux;
  • Rencontres avec des comités de rédaction;
  • Communiqués d’intérêt public.

Communiqué de presse

Un communiqué de presse est une brève description d’une page (ou deux, au maximum) renfermant les informations que vous voulez faire couvrir par les médias. Il peut s’agir de la publication d’un rapport, du lancement d’un projet, des résultats d’une recherche, etc.

Les journalistes et les rédacteurs en chef reçoivent de nombreux communiqués tous les jours et doivent choisir les sujets qu’ils couvriront. Voici quelques conseils pour vous assurer que vos communiqués retiendront l’attention :

  • Veillez à ce que le titre et le premier paragraphe de votre communiqué soient percutants pour capter l’attention du destinataire;
  • Le communiqué doit renfermer toutes les informations en répondant aux questions : qui? quoi? où? pourquoi? quand?;
  • Le communiqué doit être concis et précis afin qu’on puisse le lire rapidement;
  • Employez la voix active et le mot juste au lieu de termes vagues et passifs;
  • Insérez une citation de votre porte-parole qu’un journaliste peut transcrire directement dans son texte à partir de votre communiqué;
  • Rédigez votre communiqué comme un reportage : employez la troisième personne et non la première, tenez-vous en aux faits et faites ressortir les éléments qui feraient partie d’un reportage de journaliste.

Voici quelques conseils pratiques pour rédiger le communiqué :

  • Le communiqué devrait être présenté sur votre papier à en-tête;
  • Envoyez-le deux ou trois jours à l’avance (si possible) ou bien tôt le matin, le même jour (avant 9 h), de sorte que les rédacteurs responsables des affectations le lisent avant de décider des affectations de chacun;
  • Évitez d’émettre votre communiqué alors qu’un gros événement accapare les journalistes ailleurs (par exemple, une réunion orageuse du conseil municipal);
  • Vous pouvez payer pour faire diffuser vos communiqués par une agence de transmission mais cela peut s’avérer onéreux, selon que vous voulez une diffusion régionale ou internationale ou bilingue au Canada. Si vous avez une liste des journalistes ou des agences de presse de votre région, il peut être plus économique d’expédier vos communiqués par télécopieur ou par courriel;
  • Assurez le suivi du communiqué en téléphonant aux rédacteurs responsables des affectations ou aux journalistes que vous connaissez. Même si ces derniers ne sont pas en mesure de couvrir votre sujet, ils essaieront peut-être de trouver un journaliste qui le couvrira.

Vous devriez recourir aux communiqués de presse avec modération et les réserver pour le genre de sujets que vous destinez à une couverture par diverses agences de presse (comparativement à un article à résonance humaine que vous voulez confier à un journaliste en particulier). Le premier paragraphe constitue la partie la plus importante de votre communiqué, après le titre. Si le journaliste n’est pas intéressé après avoir lu ce paragraphe, il risque de ne pas poursuivre sa lecture. Les faits saillants doivent y figurer. « Un nouveau rapport émanant du Bureau des victimes confirme ce que les fournisseurs de services aux victimes disent depuis des années : les victimes d’actes criminels ne signalent pas leur victimisation à la police. Bien que plusieurs affirment que le crime n’était pas assez grave, le rapport soulève des questions troublantes, relativement aux raisons pour lesquelles les victimes de crimes graves, dont des agressions sexuelles, n’appellent pas la police. »

Le deuxième paragraphe devrait donner plus de contexte et de détails au sujet de l’objet du communiqué, le rapport en l’occurrence. Des statistiques, des tendances et des chiffres donneront des informations historiques au journaliste. Ciblez les faits les plus intéressants ou surprenants.

Le troisième paragraphe devrait renfermer une citation de votre porte-parole (cette citation peut figurer plus haut) mais elle devrait faire l’objet d’un paragraphe distinct. Rappelons que cette citation devrait permettre au journaliste de la transcrire directement dans son texte et reprendre une déclaration percutante. Jean Dupont, directeur exécutif du Bureau des victimes déclare : « Insérez une brève citation pertinente. »

Le dernier paragraphe devrait résumer le sujet de votre communiqué et/ou indiquer l’heure et le lieu d’une activité (le cas échéant) ou encore comment se procurer le rapport (le cas échéant). Idéalement, le quatrième paragraphe devrait être le dernier, bien que ce ne soit pas toujours possible. Vous devriez éviter d’essayer de transmettre trop d’informations dans un communiqué.

Le modèle suivant de communiqué de presse peut aider les fournisseurs de services à agencer leur propre présentation et leur propre contenu en l’adaptant :

Communiqué de presse

Communiqué de presse

Pour diffusion immédiate

Date : Le 16 avril 2008
Exp : Heidi Illingworth, directrice exécutive, Centre canadien de ressources pour les victimes de crimes
Téléphone : 613-233-7614 ou 613-762-9499

LES VICTIMES DEMANDERONT AU MINISTRE DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE D’ABOLIR L’EXAMEN BIENNAL LÉGIFÉRÉ EN VUE DE LA LIBÉRATION CONDITIONNELLE DE MEURTRIERS

Ottawa – Le Centre canadien de ressources pour les victimes de crimes (CCRVC) se joindra aux familles de victimes de meurtres qui réclament l’abolition de l’examen biennal légiféré en vue de la libération conditionnelle de meurtriers, à l’occasion du dépôt d’une pétition à la Chambre des communes. Madame Terri Prioriello, ainsi que John, Sally et Carolyn Gardner rencontreront également le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, à 12 h 10 dans le but de demander au gouvernement de modifier le Code criminel du Canada et la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition, de sorte que les meurtriers reconnus coupables n’aient droit à une audition en vue de leur libération conditionnelle que tous les cinq ans après avoir atteint leur date d’admissibilité à la libération conditionnelle.

À l’âge de 20 ans, Sheryl Gardner travaillait à Toronto et aspirait à devenir mannequin lorsque Ralph Ernest Power, alors âgé de 28 ans, mit fin à ses jours. Power s’est fait passer pour un réparateur de téléphone et sous prétexte de réparer le téléphone de Sheryl Gardner, il entra dans son appartement. À l’intérieur, il lui asséna un coup de marteau et lorsqu’elle entra en convulsions, il la frappa 15 fois de plus jusqu’à la mort. Quelques jours plus tard, Power attaqua une autre femme mais cette dernière réussit à lui échapper. Lors de l’arrestation de Power, la police trouva des fiches sur 15 autres femmes qu’il avait harcelées. Au moment du meurtre de Sheryl, il était libéré sous condition, purgeant une peine pour incendie criminel. Il fut reconnu coupable du meurtre de Sheryl en 1981.

En 1982, David Dobson agressa sexuellement, tortura et assassina brutalement Darlene (Dolly) Prioriello, âgée de 16 ans. Après ce meurtre, il défia les détectives et téléphona à la famille de sa victime. Dans une lettre à la police, Dobson promit de tuer une autre personne, le jour anniversaire du meurtre de Darlene. Dobson essaya de plaider coupable à un meurtre au deuxième degré mais la Couronne rejeta ses tentatives et insista sur une condamnation pour meurtre au premier degré. Le 11 avril 1983, Dobson fut reconnu coupable de meurtre au premier degré et condamné à l’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle pendant 25 ans.

Ralph Power et David Dobson ont tous deux atteint leur date d’admissibilité à la libération conditionnelle totale et les mots manquent pour exprimer l’angoisse, l’horreur et le fardeau que subissent les familles des victimes, sachant qu’elles seront éventuellement forcées à endurer une audition tous les deux ans, que le contrevenant ait fait des progrès ou non.

On fait circuler une pétition à la grandeur du Canada qui a recueilli près de 5000 signatures. Monsieur Gord Brown, député de Leeds-Grenville, présentera aujourd’hui les pétitions signées à la Chambre des communes, en plein milieu de la Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d’actes criminels.

Après leur entretien avec le Ministre Day, les familles rencontreront Monsieur Steve Sullivan, ombudsman fédéral pour les victimes d’actes criminels dans le but de lui exprimer leur angoisse et de lui demander de recommander au gouvernement d’abolir l’examen biennal légiféré en vue de la libération conditionnelle de meurtriers.

Conférences de presse

Une conférence de presse est une activité visant à attirer les médias influents pour qu’ils fassent des reportages sur l’objet de votre conférence, votre rapport, etc. Il faut y recourir avec encore plus de modération qu’aux communiqués de presse. Les conférences de presse, tout comme les communiqués, devraient porter sur une nouvelle chaude présentée dans les meilleurs délais et qui intéressera un vaste public.

La conférence de presse devrait comprendre l’intervention d’un porte-parole de votre organisme ainsi que d’autres experts qui peuvent présenter différents points de vue. Dans l’exemple susmentionné de la publication d’un rapport, vous pourriez inviter le directeur exécutif, l’auteur du rapport et un universitaire réputé. Évitez de convoquer trop d’intervenants puisque cela risque de diluer l’essence de votre message. Le choix des bonnes personnes vous permettra de cibler votre message et d’assurer que les journalistes se concentrent sur ce qui est le plus important, selon vous.

Les remarques devraient être concises et ciblées afin de laisser plus de temps aux journalistes pour poser des questions. Les journalistes de la télévision voudront peut-être des entrevues avec votre porte-parole à la fin de la conférence.

Vous pourriez remettre un cahier de presse à chaque journaliste, comprenant une copie de votre communiqué, les biographies des intervenants, des informations sur votre organisme, ainsi qu’un exemplaire du rapport, des fiches documentaires ou un historique, selon le cas.

Le lieu de la conférence de presse est critique. Certaines villes offrent gratuitement aux organismes l’usage de leurs locaux officiels de conférence de presse. D’autre part si un endroit se prête particulièrement à votre annonce, vous pourriez y aller. Par exemple, si vous annoncez un nouveau centre pour enfants, il serait logique de tenir la conférence de presse en cet endroit. Normalement, vous devrez la tenir à l’intérieur. Si vous pouvez travailler avec un politicien, vous pourrez peut-être avoir accès aux locaux de l’Assemblée législative ou de l’hôtel de ville. Cela facilite la tâche des journalistes qui peuvent souvent suivre la conférence de presse depuis leurs bureaux.

La conférence de presse devrait avoir lieu en fin de matinée (ce qui donne le temps aux responsables des affectations de désigner un journaliste et à ce dernier de se rendre) ou en début d’après-midi (ce qui permet au journaliste de rédiger son article et de recueillir d’autres commentaires sans se précipiter avant l’heure de tombée). On devrait éviter de tenir une conférence de presse le vendredi.

Vous devriez envoyer un avis aux médias plusieurs jours avant la conférence de presse et ne pas manquer d’en assurer le suivi par téléphone ou courriel la veille ou le matin même.

Assurez-vous de surveiller les reportages dans les médias pour voir l’envergure de leur couverture, les organes (presse écrite, télévision, radio) qui ont couvert la conférence et si cette couverture reflète le message que vous vouliez transmettre, et ainsi de suite. Bien que d’autres événements en cours dans votre communauté puissent avoir une incidence sur la couverture, cette analyse vous aidera à déterminer ce qui a bien fonctionné ou non, ainsi qu’à décider si ce genre d’activité en vaut la peine à l’avenir.

Il faut beaucoup de temps pour organiser et planifier une conférence de presse : vous devez prévoir les horaires, vous assurer longtemps à l’avance (dans la mesure du possible) qu’aucun autre événement important n’aura lieu ce jour-là, veiller à ce que des micros soient disponibles dans le local, etc. Voici une courte liste des choses à faire :

  • Fixez la date de la conférence de presse;
  • Choisissez un local;
  • Retenez des porte-parole;
  • Rédigez un communiqué de presse;
  • Expédiez un avis aux médias plusieurs jours avant la conférence;
  • Préparez un cahier de presse;
  • Téléphonez ou envoyez des courriels la veille ou le matin de la conférence;
  • Expédiez un communiqué de presse le matin de la conférence;
  • Surveillez les reportages dans les médias.

Lettres à la rédaction

Les lettres à la rédaction sont un moyen facile et économique de faire passer votre message dans les journaux. Elles n’auront pas le même effet qu’un article à la une mais peuvent s’avérer efficaces.

Une lettre à la rédaction est normalement écrite en réaction à un article publié dans un journal. Votre lettre appuie peut-être l’article ou la question qu’il soulève mais elle peut aussi critiquer un reportage. Si vous critiquez, faites-le avec pondération et objectivité en vous en tenant aux faits. Si vous critiquez outre-mesure, le journal risque de ne pas publier votre lettre.

Vous ne devriez pas écrire un grand nombre de lettres à la rédaction puisque le journal ne publiera pas plusieurs lettres en provenance de la même personne. Ces lettres sont généralement courtes et certains journaux peuvent imposer des règles que doivent respecter les expéditeurs.

Voici un modèle de lettre à la rédaction écrite par Heidi Illingworth, directrice exécutive du Centre canadien de ressource pour les victimes de crimes, et publiée dans le Toronto Star en juin 2008 :

Monsieur le rédacteur en chef,

À notre avis, votre série d’articles intitulée « Crime et châtiment » a négligé de mettre au jour les répercussions de crimes graves et violents sur des Canadiens innocents. En 2003, la criminalité au Canada a représenté un coût estimé à 70 milliards de dollars dont la majeure partie, soit 47 milliards ou 67 %, a été défrayée par les victimes. Ces coûts imputés aux victimes comprennent la valeur des bien endommagés ou volés, des souffrances et douleurs, de la perte de revenus et de productivité, et des services de santé.

Oeuvrant quotidiennement auprès de familles perturbées par un homicide ou un autre crime grave et violent, le Centre canadien de ressources pour les victimes de crimes constate qu’il y a manifestement lieu de réduire la victimisation violente au Canada. Nous appuyons fermement les stratégies de prévention du crime et les programmes de développement social.

Cela étant dit, nous sommes également fermement convaincus que la sécurité publique doit s’avérer le point de mire du système canadien de justice pénale. Nous ne pouvons continuer à permettre à un petit nombre de récidivistes violents et dangereux de commettre un nombre si démesuré de crimes qui entraînent tellement de torts.

Pour riposter au crime, nous sommes d’avis que le gouvernement doit cibler à la fois l’application des lois, la prévention et le traitement. Les prisons et l’incarcération s’imposent et s’imposeront toujours, particulièrement pour les auteurs de crimes graves et violents. Quant aux contrevenants jugés constituer un risque admissible s’ils reviennent dans la communauté, nous appuyons leur traitement et leur formation ainsi que le soutien permanent pour faire en sorte que leur réintégration réussisse.

Notre Centre maintiendra son appui à des projets de loi comme la Loi sur la lutte contre les crimes violents, parce que cette législation est susceptible de contribuer à empêcher quelques délinquants endurcis et dangereux de circuler dans nos rues. La sécurité publique doit primer. Nous continuerons aussi à préconiser un meilleur équilibre dans le système judiciaire qui reconnaîtrait davantage les torts infligés aux victimes, tout en tenant les contrevenants responsables de leurs actes.

Articles en regard de l’éditorial

Ces articles sont publiés dans la page suivant l’éditorial, fondamentalement sous forme d’essais dans lesquels vous exprimez votre opinion, un peu comme un chroniqueur invité dans le journal. Il n’est pas nécessaire d’être objectif dans cet article mais vous devez avoir l’intention de défendre une prise de position devant les lecteurs.

Ces articles exigent un peu plus de travail que les lettres à la rédaction et peuvent être très efficaces. Ils donnent de la crédibilité à votre organisme et vous permettent de livrer votre message sans qu’il soit filtré par un journaliste. Ces articles peuvent s’avérer fort opportuns lorsque le gouvernement a fait une annonce suscitant chez vous une opinion à titre de spécialiste ou bien lorsque des recherches ont été rendues publiques et que vous êtes en mesure d’en parler avec plus de profondeur que la couverture médiatique déjà parue.

Vous devriez communiquer avec le rédacteur responsable des articles en regard de l’éditorial pour vous assurer qu’il est intéressé. Cela pourrait vous épargner du travail si le journal ne peut pas publier votre article ou si le responsable n’est pas intéressé. C’est la même démarche que lorsque vous proposez un sujet de reportage – il faudra expliquer qui vous êtes (à moins que le responsable ne vous connaisse), pourquoi votre point de vue est important, ce que vous pouvez ajouter à ce que le public comprend de la question, et ainsi de suite.

Un article en regard de l’éditorial est un mélange de reportage et d’essai. Vous voulez être certain que les gens le liront, alors il faut que votre titre soit suffisamment accrocheur pour capter leur attention. Votre premier paragraphe est le plus important parce que la plupart des gens décideront de poursuivre leur lecture ou non à la fin du premier paragraphe. Il peut être efficace de commencer en affirmant quelque chose de provocateur ou de controversé ou bien en posant une question ayant trait à la nouvelle qui fait l’objet de votre article. « Le gouvernement se soucie-t-il des victimes? » ou « Pourquoi le gouvernement a-t-il négligé les victimes? » ou encore « Le conseil municipal se soucie davantage des nids de poule que des victimes d’agressions sexuelles ».

Ces articles diffèrent des lettres à la rédaction parce qu’ils sont écrits par des experts en la matière comme vous. N’importe qui peut écrire une lettre à la rédaction et les journaux aiment que leurs lecteurs partagent leurs points de vue. Par contre, un article au regard de l’éditorial est écrit par une personne qui possède des connaissances spécialisées; vous devriez donc vous sentir libre de partager vos connaissances. Des exemples concrets sont efficaces et des statistiques contribuent à appuyer vos arguments.

En tout premier lieu, votre article en regard de l’éditorial doit être bien écrit. Vous pouvez avoir les meilleurs arguments du monde, si vous ne pouvez pas les communiquer de façon efficace et intéressante, aucun rédacteur en chef ne publiera votre texte. Les articles en regard de l’éditorial comptent normalement entre 600 et 800 mots mais vous devriez demander au rédacteur en chef du journal envisagé de confirmer la longueur des articles.

Une fois que votre article aura été publié, vous devriez en envoyer une copie par courriel à tous vos correspondants de la radio et de la télévision. Ils seraient peut-être intéressés par des entrevues de suivi au sujet de votre texte. Les tribunes radiophoniques sont d’excellents débouchés pour ce genre d’entrevues. Les animateurs doivent meubler des heures et des heures en ondes tous les jours en incitant les gens à les appeler et à réagir. Une prise de position claire et convaincue (pour ou contre) que les gens ont à coeur, peut leur faire prendre le téléphone et appeler l’animateur.

Voici un modèle d’article en regard de l’éditorial, écrit par Steve Sullivan et publié dans le Hill Times en juillet 2010 :

LES VICTIMES DE LA TRAITE DE PERSONNES ONT BESOIN DU LEADERSHIP DU PREMIER MINISTRE DU CANADA

L’initiative du Premier ministre Harper en matière de santé maternelle n’a pas échappé à la controverse mais il a réussi à mettre un grave problème sous les projecteurs. En raison de cette intervention de sa part, les Canadiens parlent aujourd’hui d’un sujet auquel ils n’avaient probablement pas pensé auparavant. Malgré certaines questions laissées sans réponse, il a sensibilisé la population à ce dossier et mérite notre admiration.

Par contre, d’autres dossiers pourraient bénéficier de son attention, dont la traite de personnes. Il y a trois ans, le Parlement invitait le gouvernement fédéral à élaborer une stratégie nationale pour combattre la traite de personnes mais le Canada n’a toujours aucun plan. Des rapports du Comité permanent du statut de la femme, de la justice et des droits de la personne, ont formulé d’importantes recommandations, quant à la nécessité que le gouvernement fédéral contribue à élaborer et à mettre en oeuvre des programmes de réadaptation destinés aux victimes de cette horrible forme d’exploitation sexuelle. Et pourtant, il n’y a toujours aucun plan.

Selon un rapport récent de l’ONU, des groupes criminels se font des milliards de dollars chaque année, grâce à la traite de plus de 2 millions de personnes, dont la majorité sont des femmes et des jeunes filles soumises au viol, à la violence, à la séquestration et à d’autres maltraitances. On fait au Canada la traite de femmes en provenance de pays asiatiques et de l’ancienne Union soviétique. Dès qu’elles arrivent chez nous, on leur enlève leurs documents de voyage. On contrôle chaque aspect de leur vie. Elles sont loin de leurs familles et ne parlent pas la langue. Leur vie ne leur appartient plus.

C’est tout à l’honneur du gouvernement conservateur d’avoir institué des permis temporaires de séjour pour les victimes de la traite de personnes, leur donnant un statut d’immigrants légaux, leur permettant d’avoir accès à l’assurance-santé et au counselling pour personnes traumatisées, ainsi que la possibilité de demander un permis de travail. Et pourtant, certains enfants, dont on peut présumer qu’ils sont victimes de traite, ont été enfermés dans des centres de détention de l’Immigration parce qu’il n’y avait pas d’autre endroit où les héberger.

Il ne s’agit pas seulement d’un problème international – la traite de victimes canadiennes se fait de ville en ville au Canada tous les jours. Un nouveau rapport de la GRC les appelle « les enfants oubliés » et décrit comment ils sont exploités à l’intérieur des frontières provinciales et passés d’une province à l’autre. Les adolescentes autochtones sont particulièrement vulnérables à ce genre d’exploitation.

Bien que nous ne pensions peut-être pas que les adolescents soient victimes de ce genre d’exploitation, ils le sont aussi. Des recherches effectuées par la docteure Sue Mcintyre laissent entendre que les adolescents deviennent travailleurs du sexe alors qu’ils sont beaucoup plus jeunes que les adolescentes et qu’ils le demeurent plus longtemps qu’elles.

Bien que le gouvernement ait été fort peu présent dans ce dossier, des députés s’en sont occupés, dont la députée conservatrice Joy Smith qui s’est particulièrement distinguée. Elle a déposé un projet de loi visant des peines plus sévères pour traite d’enfants; grâce à son engagement et à sa passion, il a acquis force de loi la semaine dernière. Félicitations à Madame Smith pour son dévouement mais des peines plus sévères n’auront pas beaucoup de poids si le Canada ne se mobilise pas pour élaborer une stratégie nationale dans le but de coordonner les efforts pour faire respecter les lois. En 2010, le Rapport sur la traite de personnes émanant du Département d’État des États-Unis, invitait le Canada à « renforcer la coordination entre les gouvernements fédéral et provinciaux en matière d’application des lois et de services aux victimes ».

Certains champions font de l’excellent travail à la grandeur du Canada. Une maison d’hébergement de Winnipeg, Honouring the Spirit of Our Little Sisters, accueille les adolescentes autochtones en danger d’exploitation sexuelle mais ne dispose que de six lits. Le Service policier de Toronto a mis sur pied une Unité spéciale pour victimes axée sur la violence contre les travailleurs du sexe mais c’est peut-être la seule de son genre au Canada. La Police régionale de Peel a lancé un programme conçu pour aider les victimes de la traite à des fins sexuelles à échapper à leurs exploiteurs une fois pour toutes.

Qu’il s’agisse d’une femme de l’ancienne Union soviétique emmenée au Canada et séquestrée dans une chambre d’hôtel où défilent un homme après l’autre, ou bien d’une jeune autochtone qui succombe aux charmes d’un jeune homme pour découvrir que c’est un maquereau, ou bien d’un adolescent qui échange des faveurs sexuelles contre un repas chaud et pour dormir en lieu sûr, nous ne pouvons plus leur tourner le dos. Il ne s’agit pas de consentement. Il ne s’agit pas de choix. C’est de l’exploitation sexuelle et cela doit cesser.

C’est trop facile de nous fermer les yeux sur ces victimes. Nous nous sentons en sécurité parce que nous ne reconnaissons pas nos enfants en eux. Prudence avant de penser que des enfants « de bonne famille » ne mènent pas ce genre de vie. Ces jeunes ne s’enfuient pas dans la rue… il arrive trop souvent qu’ils s’enfuient d’un foyer où ils sont maltraités.

Et après, est-ce vraiment important? Ce sont des jeunes; ce sont des victimes. Qu’elles viennent de l’étranger, d’une réserve du Nord ou d’une maison de notre quartier, ce sont les victimes de la pire exploitation imaginable. S’ils ne correspondent pas à l’image que nous nous faisons d’une véritable victime, c’est notre problème et non le leur.

Le Premier ministre Harper a promis plus d’un milliard de dollars à l’initiative de santé maternelle à une époque d’incertitude économique et de déficits écrasants. Grâce à la réputation du Canada autour du monde, il a convaincu d’autres pays de promettre des milliards de plus.

Le Canada a besoin d’une stratégie nationale pour trouver, soutenir et guérir ces femmes et ces enfants. Cela nous coûtera de l’argent mais nous ne pouvons plus nous permettre de nous fermer les yeux.

Tout ce qu’il faut, c’est votre attention et votre leadership, Monsieur Harper.

Blogues/Facebook/Twitter/Cyberlettres/Sites Web

L’Internet a révolutionné la façon dont les médias rapportent les nouvelles. Les journaux n’attendent plus l’édition du matin – ils peuvent publier leurs reportages dans leurs sites Web à tout moment de la journée. Les gens peuvent regarder les nouvelles à la télévision. Les journalistes peuvent « tweeter » en direct pendant les procès ou les audiences publiques.

En outre, l’Internet a multiplié les moyens dont disposent les gens ordinaires pour publier des « nouvelles » ou des opinions dans des blogues, des pages Facebook ou par Twitter. Les bulletins organisationnels d’autrefois dont l’impression et l’envoi par la poste exigeaient tellement de travail et d’argent, peuvent maintenant être expédiés à des milliers de personnes par courriel. Bien qu’un examen exhaustif de chacun de ces outils dépasse la portée du présent Guide, nous jetterons un coup d’oeil sur les avantages éventuels de chacun :

  • Blogues – Les blogues sont un peu votre propre page éditoriale dans l’Internet. Ils sont faciles à monter et à mettre en forme. Dans votre blogue, vous pouvez publier à volonté des articles écrits par vous-même ou votre organisme, des réactions à des reportages ou des textes exprimant votre opinion. Les gens peuvent s’abonner (gratuitement) à votre blogue.
  • Facebook – Des milliards d’internautes de partout au monde se sont joints à Facebook et de plus en plus d’organismes et d’organisations y montent leurs propres pages. Les comptes sont faciles à obtenir et peuvent renfermer des informations sur votre organisme. Les internautes peuvent se joindre au groupe de votre organisme, devenir vos « amis » et recommander votre page aux autres. Facebook pose de sérieux problèmes au chapitre de la protection de la vie privée (prudence avec vos renseignements personnels) et si vous invitez les commentaires dans votre page, ils peuvent être fastidieux à gérer. Les pages de Facebook se prêtent davantage à établir un profil qu’à diffuser des nouvelles.
  • Twitter – Au début, Twitter servait tout d’abord à des internautes qui voulaient tenir leurs « amis » à jour en leur disant ce qu’ils faisaient au cours de la journée, comme dans Facebook. Aujourd’hui, les organismes s’en servent pour raconter ce qu’ils font dans l’immédiat ou diffuser une nouvelle toute fraîche. Les « tweets » sont très courts (moins de 140 caractères) et les gens doivent vous « suivre » pour vous lire. On peut ouvrir un compte gratuitement et lorsqu’un sujet est très populaire, on peut en suivre à l’évolution (commentaires recopiés et réexpédiés). On peut établir un lien entre Twitter et le compte Facebook de l’organisme, ce qui permet de gérer ces deux médias plus efficacement.
  • Sites Web – Presque tous les organismes ont maintenant un site Web renfermant une foule d’informations à son sujet. L’Internet est un moyen facile de renseigner les gens sur vos services. La plupart des sites Web donnent des informations de base sur l’organisme (mandat, services, personnes-ressources, etc.). Certains sites renferment des informations au sujet de questions relatives aux victimes, dont des publications émises par l’organisme ou des allocutions prononcées par son personnel.
  • Cyberlettres – À l’ère de l’Internet, il est facile d’expédier des courriels à des milliers de personnes à la fois. Les cyberlettres sont donc un excellent moyen de tenir les gens au courant du travail effectué par votre organisme, d’importantes recherches en voie, de cas intéressants, de nouvelles pertinentes, de mesures législatives prises par le gouvernement, etc.

Tous ces nouveaux outils peuvent être très efficaces mais il faut que les gens s’inscrivent ou vous connaissent. Le bouche à oreille est très important mais les gens qui ne sont pas branchés ne pourront évidemment pas accéder à ces modes de communication.

Rencontres avec les comités de rédaction

Les rencontres avec les comités de rédaction peuvent s’avérer un moyen efficace de sensibiliser les gens à votre organisme et aux dossiers ou à une initiative sur lesquels vous travaillez. Si vous réussissez à prendre rendez-vous avec un comité, vous pourrez rencontrer plusieurs décideurs de votre journal local, dont les rédacteurs en chef et certains journalistes. Cela vous aidera à établir des relations personnelles et à donner des informations détaillées pour étoffer la documentation sur des questions qui ne sont pas couvertes dans des entrevues centrées sur les réactions à un incident en vue d’un reportage. Ces rencontres peuvent rehausser votre crédibilité et augmenter les chances que le journal vous considérera un expert dans votre domaine.

Vous pouvez demander une rencontre avec le comité de rédaction n’importe quand mais vous devriez avoir quelque chose de pertinent ou d’opportun à discuter. Si vous travaillez auprès d’enfants et que le journal a publié de nombreux articles sur les enfants maltraités, vous serez peut-être en mesure de fournir des informations documentant le contexte. Si vous êtes intervenant dans un centre d’assistance téléphonique et que de nombreux suicides ont été médiatisés dans votre région, vous aurez l’occasion de sensibiliser les journalistes à vos services et de donner des conseils aux familles ou aux proches qui s’inquiètent au sujet d’un être cher.

Vous devriez éviter de rencontrer le comité de rédaction si votre organisme a été critiqué ou si vous défendez une prise de position. Ces rencontres devraient constituer des occasions proactives de rehausser votre profil et non de vous plaindre d’une couverture médiatique négative.

Pour prendre rendez-vous, vous devriez communiquer avec le rédacteur en chef et demander une rencontre. Vous devriez lui laisser savoir les raisons pour lesquelles vous voulez rencontrer le comité de rédaction, les questions dont vous voulez discuter et la durée prévue de cette rencontre, y compris le temps que prendra votre présentation. Avant de faire ces démarches, vous devriez prendre connaissance de la façon dont le journal a couvert votre travail ou vos dossiers dernièrement (si ce n’est déjà fait).

Même si vous voulez que cette rencontre s’avère positive, vous devriez vous attendre à ce qu’on vous pose des questions difficiles qui vous mettront sur la sellette. Le journal n’est pas votre publicitaire personnel – on remettra en question toutes vos prises de position, on se fera l’avocat du diable, on présentera les opinions d’autres intervenants dans votre domaine qui ne sont pas nécessairement d’accord avec vous. Ce sont des choses que les journalistes font régulièrement dans l’exercice de leur métier et ce n’est pas de mauvais augure mais vous devriez être prêt à relever le défi. Votre façon de répondre aura une incidence sur la couverture que vous recevrez. Si vous semblez sur la défensive ou si vous ne pouvez pas répondre aux questions, les membres du comité s’en rendront compte.

Communiqués d’intérêt public

Les communiqués d’intérêt public (CIP) sont de brefs « messages publicitaires » au sujet d’un organisme ou d’un événement. Ils peuvent être destinés à la radio ou à la télévision et peuvent s’avérer utiles pour sensibiliser les gens à vos services de sorte que les gens sachent où s’adresser s’ils ont besoin d’aide. Les stations de radio et les réseaux publics de télévision sont susceptibles de diffuser gratuitement les CIP. Ils durent normalement de 15 à 30 secondes.

Vous pourriez mentionner un numéro de téléphone sans frais ou l’adresse de votre site Web pour que les gens sachent comment communiquer avec vous ou vous pouvez demander au diffuseur d’indiquer un lien à votre site Web. Les CIP peuvent exiger beaucoup de temps à planifier, rédiger, créer, etc. Ils devraient avoir l’air professionnel et l’enregistrement peut s’avérer assez coûteux.

Chaque organisme devra décider si cela vaut la peine d’y consacrer autant te temps, d’efforts et d’argent. Si c’est une réussite, votre organisme risque de recevoir un grand nombre d’appels téléphoniques qui ne seront pas tous de la part de gens qui correspondent à votre mandat.

Les exemples suivants de CIP sont fournis par le Centre de la politique concernant les victimes, en vue de la Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d’actes criminels – www.semainedesvictimes.gc.ca

15 secondes :

Chaque victime d’un acte criminel compte.

Il existe des lois et des programmes pour aider les victimes d’actes criminels à refaire leur vie.

La Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d’actes criminels aura lieu du 18 au 24 avril.

Appelez (insérer le nom de l’organisation locale et son numéro de téléphone) pour obtenir de plus amples renseignements.

30 secondes :

La Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d’actes criminels aura lieu du 18 au 24 avril. Chaque victime d’un acte criminel compte.

Vers qui vous tournez-vous si vous ou un membre de votre famille êtes victime d’un acte criminel?

Il existe des lois, des politiques et des programmes pour aider les victimes d’actes criminels à refaire leur vie et à se faire entendre à toutes les étapes du processus de justice pénale.

La violence conjugale, l’exploitation d’enfants, les homicides, la conduite avec facultés affaiblies, le vol d’identité. Ces actes criminels font basculer la vie de Canadiens chaque jour. Particuliers, familles et communautés : tous peuvent être victimes d’actes criminels.

Appelez (insérer le nom de l’organisation locale et son numéro de téléphone) pour obtenir de plus amples renseignements.

60 secondes :

Vous pensez que ça ne peut pas vous arriver. Et puis, ça vous arrive. Vers qui vous tournez-vous? Si vous ou un membre de votre famille êtes victime d’un acte criminel, il vous suffit de prendre le téléphone pour obtenir le soutien et les services dont vous avez besoin.

Si vous êtes victime d’un acte criminel, vous n’êtes pas seul.

La cinquième Semaine nationale annuelle de sensibilisation aux victimes d’actes criminels aura lieu du 18 au 24 avril.

Il existe des programmes pour aider les victimes d’actes criminels à refaire leur vie et à se faire entendre à toutes les étapes du processus de justice pénale.

Chaque année, partout au pays, des milliers de personnes demandent de l’aide aux bureaux de services aux victimes. Des professionnels et des bénévoles dévoués travaillent avec les victimes d’actes criminels et leurs familles pour leur démontrer que chaque victime compte vraiment.

Des services aux victimes d’actes criminels sont offerts ici (insérer le nom de la communauté ou de la région). Composez le (insérer le numéro de téléphone local) ou consultez le (insérer l’adresse du site Web).

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la Semaine nationale de sensibilisation aux victimes d’actes criminels, consultez le site Web www.semainedesvictimes.gc.ca